L'homme qui tua Don Quichotte

D'après l'oeuvre de Miguel Cervantès

THÉÂTRE
Vendredi 23 20h30
Samedi 24 20h30
Durée 1h10
Tarif normal 15 €
Tarif réduit 10 €
Cie Premier Acte
Mise en scène: Sarkis Tcheumlekdjian
Avec: Déborah Lamy et Gilbert Gandil

Au-delà de ce que nous connaissons du célèbre Don Quichotte, de ses combats absurdes contre les moulins, de son inimitable tristesse ou de son irréductible fidélité à Sancho, nous ignorons souvent que l’œuvre dont il est issu se compose de deux parties très distinctes l’une de l’autre et écrites à dix années d’intervalle.

Et si l’une lui donne la vie, l’autre la lui reprend...

Dans la seconde partie de ses aventures, Don Quichotte n’a certes pas changé dans la forme, ses joues semblent toujours s’embrasser l’une l’autre à l’intérieur de la bouche et sa fine moustache est tout aussi mélancolique, mais dans le fond il n’est plus véritablement le même. Ses aventures ont été traduites dans les plus grandes villes d’Europe et, s’abandonnant sciemment au vertige des jeux de miroirs, Cervantès a réussi un tour de force audacieux en déposant malicieusement son livre dans les mains de son héros. C’est auréolé de succès et convaincu de son au- thenticité que Don Quichotte décide de quitter la table de travail de son créateur et de voyager librement à travers l’Espagne, le livre de ses exploits sous le bras.

Il n’est point, dans la littérature universelle, un autre hé- ros littéraire qui prenne son propre destin en main. Cer- vantès exploite d’ailleurs ce filon avec bonheur : durant toute la seconde partie du roman, Don Quichotte y évoque souvent le livre qui est en train de le décrire.

La seule chose que notre héros ignore réellement dans cette se- conde partie, c’est que son créateur, échaudé par un écrivain peu scrupuleux qui a tenté en 1614 de lui dérober son œuvre, a annoncé publiquement son intention de tuer son héros plutôt que de le voir courir l’Espagne sous de fausses couleurs : « Afin que nul ne s’avise d’élever contre lui d’autres témoignages, ceux qui existent déjà étant bien suffisants... »

Sarkis Tcheumlekdjian, le 8 mars 2014
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